Je voudrais vous parler d’un article paru aujourd’hui sur le site ActuaLitté.com : Le Parcours du combattant littéraire : au nom des livres par Jean-Michel Thibaux. Pour quelle raison ? Simplement parce que cet article m’a touché, par sa franchise, son engagement, par une sorte de nostalgie de l’authentique qui transparaît dans ses lignes. Voilà un témoignage dont le ton résonne à l’unisson avec un sentiment qui m’est bien familier.
Dans cet article, l’auteur parle de quelque chose qu’il a vécu lui-même, le combat pour la survie que doit mener un écrivain, s’il veut avoir une chance d’exister, tout en restant fidèle à sa vocation et son talent.
Le livre est devenu un produit, une suite de chiffres dans un code-barres, au même titre que la boîte de petits pois et les barils de lessive. Je vieillis et je me désespère. Ma, notre recherche du temps perdu est vaine.
Source : ActuaLitté.com
N’est-ce pas le constat que je faisais dans mon billet Fermez les volets, le temps est au bofisme ? La littérature d’idées est-elle morte ? Appartient-elle au passé, noyée sous des flots diluviens de futilité ?
Rien n’est moins sûr. L’histoire n’est jamais linéaire, elle se développe en spirale. Comme la double hélice d’ADN. Déjà, le vent tourne. L’hédonisme écervelé qui régnait en maître dans les années 80-90 est obligé de céder du terrain face à la raison. La civilisation occidentale commence enfin à reprendre ses esprits, se rendant compte que, dans son excès d’ivresse, elle s’est trop approchée de l’abîme. Il est largement temps de reprendre ses esprits. Mais vers qui, vers quoi se tourner ?
Peut-être aurions-nous tort d’enterrer la “vraie” littérature. La puissance intrinsèque du verbe n’est pas à sous-estimer. C’est en des temps de crise et d’épreuves que la littérature joue pleinement son rôle, et ce temps est arrivé.
Et puis, comme il a été dit et redit maintes fois dans d’illustres ouvrages, les plus belles causes sont les causes perdues. Surtout lorsqu’elles finissent par triompher !
Oui, le parcours d’un écrivain est souvent pareil à celui d’un combattant, comme en témoignent tant de biographies d’auteurs célèbres. Cependant, je crois que c’est un combat qui mérite largement d’être mené. L’auteur, s’il croit réellement en la qualité de ses écrits, doit tout mettre en œuvre pour les faire connaître auprès du public. Ce n’est pas uniquement la responsabilité de son éditeur. D’accord, il ne s’agit pas de quelque chose d’aisé, le marché du livre étant constamment noyé sous de nouvelles vagues de publications, c’est un environnement très compétitif. Néanmoins, les romans de qualité sont relativement rares, et les lecteurs qui sont à la recherche d’œuvres fortes, originales et bien écrites sont encore suffisamment nombreux. Il suffit de faire un tour sur la toile et visiter les sites littéraires pour s’en convaincre.
Pour revenir à l’article de Jean-Michel Thibaux, signalons la parution de deux livres que cet auteur a cosignés avec Jean-Pierre Paumier. Adressons-leur tous nos vœux de réussite !
Jean-Michel Thibaux et Jean-Pierre Paumier : La Malédiction de l’Ankou, Editions Anne Carrière



